Quelques réflexions sur les plantes médicinales

La culture et l’utilisation des plantes médicinales dans notre pays ne datent pas d’aujourd’hui. Cependant, avec le progrès, on se  trouve dans une situation quelque peu paradoxale : le médecin ne connaît pas les plantes, et l’agronome ne sait pas quoi en faire. Dans quelque cas l’un veut se substituer à l’autre ce qui peut engendrer des accidents.

 

Dans le monde, la médecine moderne s’oriente beaucoup vers la phytothérapie.

La médecine par les plantes retrouve la sympathie de nombreux médecin et quantité de malade, et même des bien-portants, ceux qui croit a la citation « mieux vaut prévenir que guérir ». On en est arrivé à   baptiser la guérison par ces méthodes « médecine douce », ceci par opposition aux drogues synthétiques aux nombreux effets secondaires néfastes et aux accoutumances qui le sont encore plus. De nos jours, la tendance entre les deux médecines est plutôt à la complémentarité, ceci est du en grande partie aux progrés des industries chimiques et pharmaceutiques d’extraction des principes actifs des plantes.

 

Dans notre pays, les querelles ne se situent pas tellement entre l’utilisation des plantes et des drogues de synthèse, mais plutôt entre l’agronomie et l’industrie pharmaceutique d’une part et les circuits commerciaux de l’autre.

 

Pour justifier quelque peu cet argument, je voudrais signaler que par le passer, ont été importées des feuilles d’Eucalyptus et de Sauge (Salvia offinalis) des graines de Fenugrec (Trigonella Foenum-graecum) et de Coriandre (Coriandrium sativum) et bien d’autres à coups de devises fortes. On n’insisterait par sur l’exportation clandestine de plantes de notre flore, et qui nous reviennent après avoir été simplement emballées, ou subi un conditionnement rudimentaire très facile à réaliser sur place. « Mr. Tafer(1) peut affirmer cette idée pour d’autre espèce ».

 

Dans la phytothérapie algérienne, le charlatanisme et la sorcellerie demeurent encore quelque peut, mais le gens y croient de moins en moins. De véritables pharmaciens s’installent comme herboristes, mais leurs  connaissances limitées des plantes réduisent leur champ d’investigation. Il important de signaler ici les dangers de la ressemblance des plantes entre elle. Le Vératre (Veratrum album) très toxique ressemble à la gentiane (Gentiana sp), ces deux espèces croissent ensemble dans la nature et la même époque. Des cas comme celui-ci, il y en a beaucoup, et les plantes toxiques sont très nombreuses dans notre flore.

 

Un cas de toxicité qu’on ne répétera jamais assez, c’est celui de la belladone (Atropa belladona) qui pousse abondamment dans le mont de Babors (Sétif) et signalée plus toxique du monde végétal entre dans la composition de nombreux anesthésiants et tranquillisants. Les escargots en consomment sans risques, mais vous, vous risqueriez de vous intoxiquer en consommant ces mêmes escargots.

 

Après survoler les aspects médicaux, industrie et commerciaux dont je souhaiterais une bonne prise en charge par leurs spécialistes respectifs, c’est les aspects agronomiques et systématiques botaniques que je voudrais aborder. Dans la flore d’Algérie, les spécialistes estiment quelques cinq cent (500) espèces pouvant être utilisées en médecine. C’est un nombre considérable dans lequel sont inclus les aromates, les succédanés des fruits et légumes ayant des effets médicaux.

 

Il y a lieu de classer les plantes médicinales en trois catégories :

1/- les espèces spontanées et subspontanées.

2/-les espèces cultivées en susceptible de l’être.

3/-les espèces importées.

 

Concernant les premières, nos spécialistes chargés de la conservation de la nature tiennent exactement le langage suivant : «celui qui veut exploiter une espèce sauvage dans quel  but que ce soit n’a qu’à la mettre en culture ». Il y a lieu de faire une certaine sélection, certaines espèces abondant tellement au point ou on est obligé de procréer leur destruction. On ne peut pas mettre en culture des Ronces (Rubus fructiocosus), ou du Chiendent (Cynodon dactylon), ceci d’une part. D’autre part, il y a la partie utilisée, comme par exemple le Coquelicot (Papaver rhoeas) dont on utilise les pétales donc sans préjudice à la plante. Pour la plupart des cas, c’est les sommités fleuries, ce qui permet à la plante vivace herbacée de se régénérer facilement. Dans les cas ou c’est la plante entière, ou encore les parties souterraines (Bulbes ou racines), la. Il y a lieu de prendre la précaution pour ne pas porter préjudice à l’espèce et dans certains cas, la mettre en culture.

 

Actuellement, les prélèvements sont faits de façon anarchique, sans précautions particulières, confies souvent à des grosses qui procèdent à des arrachages systématiques. Le cas de la Globulaire (Globularia alypium) qui abondait dans les monts Meurdja et Bouzegza et qui s’est extrêmement raréfiée est évocateur. Il y a le cas de Libanol qui n’est autre que la résine de cèdre (Cedrus atlantica) que des gens sans scrupules n’hésitent pas à provoquer de gigantesques blessures sur des arbres millénaires pour en prélever la résine.

 

Concernant les spontanées, il y a lieu donc d’étudier une réglementation et faire des concessions bien délimitées et payantes car c’est un bien commun. On ne peut pas par exemple dire aux gens des steppes, ne prélevez pas le Chih (Artermisia herba-alba), mais on peut faire payer un tribut à ceux qui arrachent le plant entier. Il est évident que concernant les plantes rares ou menacées de disparition qui d’après des spécialistes représentent la moitié de notre flore connue, il faudrait penser à les mettre en culture pour une potentielle utilisation. La théorie de repeuplement n’a jamais démontré son efficacité et pas qu’en Algérie.

 

Concernant les espèces cultivées ou susceptibles de l’être, la, un autre problème se pose, ou plutôt, il se pose d’une autre manière. Le potentiel producteur doit avoir quelques garanties d’écouler sa production, sinon, il ne peut s’engager. Le cas des espèces cultivées peut se présenter en trois situations.

 

A/- cultures a plusieurs utilisations comme c’est le cas de certains légumes, arbres fruitiers et forestiers, et surtout les épices et aromates. L’aventure ne comporte pas tellement de risques du moment qu’on est certains d’écouler les produits pour d’autre fins. Dans beaucoup de cas, il faudrait seulement organiser les cueillettes et collectés.

 

B/- les tisanes, celle-ci peuvent être conditionnées de manière artisanale et écoulées sur le marché, dans de nombreux cas, ces espèces servent également en parfumerie, siroperie et confiserie.

 

C/- les espèces servant uniquement à l’extraction des principes actifs servant a la médecine, c’est ce groupe qui nécessite à la fois des industries d’extraction adéquates et des garanties des pouvoirs publics.

 

Et pour les espèces importées, il n’y aurait logiquement que très peu d’espèces à importer comme le Bolde (Peumus boldeus), les clous de Girofle (Caryophyllus aroticus) et quelques autres exotiques tout au plus d’une vingtaine.

 

Voila, par ce modeste article et on espère que c’était rapide, on voudrait attirer l’attention sur le fait que la culture et l’utilisation des plantes médicinales dans notre pays nécessite toute une réorganisation à tous les niveaux. Que les industries chimiques et pharmaceutiques doivent pour être performante, être dans la taille de « Bayer » en Allemagne ou d’autre.

 

La phytothérapie traditionnelle doit également être réglementée pour que la profession soit exercée par de véritables médecins, et réduire les pressions et préjudiciées notre flore national, on vous conseille avant d’utilisé une plante médicinale, il vaut toujours avoir l’avis d’un spécialistes.

 

(1)    maitre de conférences a l’université d’Abdelhamid ibn Badis, Mostaganem. docteur et chargée de cours au niveau de département agronomique.

Date de dernière mise à jour : 04/08/2012



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