Mostaganem

Mostaganem est la 27éme wilaya dans l'administration territoriale Algérienne, elle se trouve au Nord-ouest de l'Algérie sur la méditerranée à 350 Km Ouest d'Alger et 80 Km Est d'Oran. Les wilayates limitrophes sont : A l'Est la wilaya de Chlef, au Sud-Est la wilaya de Relizane, à l'Ouest la wilaya d'Oran et au Sud-Ouest la wilaya de Mascara. Mostaghanem en arabe ou Mestghalim en langue locale doit son éthymologie à une cité antique du nom de Murustagen, la ville des Murus ou ville des Maures. Murus en phénicien signifie étranger ou différent. Murustaga, Quiza et Kelmitou existaient depuis le 3e siècle avant notre ère.

La wilaya de Mostaganem compte plus de 800 000 habitants, elle se compose de 32 communes réparties sur 10 Daira à savoir : Benabdelmalek Ramdane, Achaacha, Ain Boudinar, Ain Nouissy, Ain Sidi Cherif, Ain Tedeles, Bled Touahria, Bouguirat, El Hassiane, Fornaka, Hadjadj, Hassi Mameche, Khadra, Kheireddine, Mansourah, Mesra, Mazagran, Mostaganem, Nekmaria, Ouled Boughalem, Oued el Kheir, Ouled Maallah, Oureah, Safsaf, Sayada, Sidi Ali, Sidi Belattar, Sidi Lakhdar, Sirat, Souaflia, Sour, Stidia, Tazgait.

Etymologie du mot « Mostaganem »

Il serait vain de chercher dans les livres arabes l’étymologie du mot "Mustaghanim" aucun historien ou géographe arabe ne fait connaître d’une manière précise le sens ou les raisons de cette appellation. Par contre plusieurs essais d'explication sont diversement conservés chez les populations locales :

  • Mostaghanim serait composé de deux termes distincts : Machta (Station Hivernale) et Ghanem (Riche éleveur de mouton).
  • Mostaghanim : Marsa Ranem, c’est à dire le port du butin. Mostaghanim viendrait de Misk Al-Ghanem : abondance pour les troupeaux.
  • Et pour quelques historiens de l’antiquité, c’est plutôt à un Port Romain Murustaga que Mostaganem doit son étymologie.

Anciennes Portes de Mostaganem :

  • Porte de Cheliff au Nord
  • Porte de Medjaher à l’Est
  • Porte de Mascara au sud
  • Porte de la Marine à l’Ouest

photo encienne sur la ville de mostaganem      Mostaganem aujourd'hui

                                         La carte de MOSTAGANEM

Histoire :

La côte de Tenes à Arzew était bien connue des phéniciens qui y avaient établi des comptoirs: Petit-Port et Ouillis dans le Dahra et Kharouba prés de Mostaganem. La ville aurait été fondée au Moyen Age, certains attribuent sa fondation aux almoravides qui, durant le XIème siècle en furent les maîtres vers 1082. Youcef Ibn Tachfine, le Fondateur de Dynastie Almoravides se serait contenté de construire un "Bordj" sur une colline au nord de l’actuelle agglomération. On attribue la construction de la grande Mosquée de Mostaganem en l’an 1340 au Sultan Mérinide Abou El-Hassen Ali Ibn Abi Saïd.

Les entreprises espagnoles dans le Maghreb Central et Oriental avaient commencé dés 1505, date à laquelle le Cardinal XIMENES sous le règne des Rois Catholiques fit occuper Mers-El-Kébir. Les souverains de Tlemcen et Tunis affaiblis par les guerres et les luttes intestines se montrèrent incapable de relever le défit espagnol. Le 26 mai 1511, Mostaganem ouvrit ses portes à l’ennemi en signant avec lui une capitulation. La période turque de l’histoire du Maghreb commença à la suite de l’action espagnole contre les principaux Ports nord-africains.

Mostaganem situé entre Oran et Alger fut une des principales causes de la rivalité meurtrière entre les Espagnoles et les Turcs. Mostaganem clé du pays était à cette époque une ville défendue par de bonnes murailles et par une citadelle qui dominaient sa partie la plus élevée. Les combats les plus violents se déroulèrent à Mazagran le 23 août 1550. Par mer et par terre, les Espagnols étaient de toutes parts sous les feux. Le comte d’Alcaudète périt mortellement blessé. Après la défaite, les Espagnols renoncèrent à Mostaganem. La véritable importance de Mostaganem semble être due à l’établissement d’un grand nombre de familles andalouses qui furent attirées par la fertilité du Sol. Elles fondèrent alors des exploitations agricoles qui firent la renommée de la région. Grâce à cette population active et nombreuse, la région se couvrit de magnifiques villages.

Vers 1580, la ville était opulente et vivait dans le luxe, les impôts payés aux turcs d’Alger en sont la preuve. Les Arabes et plus tard les Turcs ont crée de nombreux centres, tels que Kallaa des Beni-Rached, Mazouna qui disputèrent à Mostaganem son rôle de métropole. La région de Mostaganem a donné de grands noms à l’histoire ; citons pour mémoire les écrivains poètes "Sidi Benhoua", " Sidi Lakhdar Benkhlouf", "Cheikh El Mazouni", "Cheikh Bouras" et tant d’autres. Durant les années qui ont précédé l’invasion française, Mostaganem demeurait toujours une grande ville de l’Ouest. Plus qu’Oran, elle était la 2ième après Tlemcen. Tigditt, Matmor et Mazagran se grouperont autour de la Ville principale, elle renfermait neuf (9) mosquées.

La justice était rendue par deux (2) Kadis, l’un turc de rite hanafite et l’autre arabe de rite malekite, leur jugement n’avait d’appel que devant le Bey d’Oran. Il est à noter qu’Oran libérée définitivement de l’occupation espagnole en 1792 redevint le siège du Beylik de l’ouest. Certains habitants de Mostaganem furent transférés dans cette capitale pour la repeupler de nouveau. Le magistrat turc était en partie chargé de recueillir les impôts qui se composaient de rentes par les propriétaires pour l’entretient des lieux Saints de l’Islam.

Les Turcs et les koulouglis occupaient la ville proprement dite située sur la rive gauche de Ain-Sefra. C’était le quartier réservé au commandement Belikal et à l’aristocratie locale, le mur d’enceinte était percé de cinq (5 ) portes : la porte de Chelif au Nord, la porte de Medjaher à l’Est, la porte de Mascara au sud, la Porte d’Arzew et celle de la Marine à l’Ouest. Mostaganem fut occupée en juillet 1833 par Desmichel après une vive résistance dirigée par l’EMIR ABDELKADER en personne. Par le traité du 26 février 1834, un consul de l’Emir fut agrée pour résider dans la ville, l’arrêté du 8 décembre y constitue un bey de l’autorité française et le traité de la Tafna en mai 1837 la conserva à la France.

La convention de la TAFNA du 20 mai 1837 n’avait fait taire que momentanément les armes. Mostaganem n’a cessé d’opposer une résistance farouche à l’occupation française illustrée entre autre la bataille de Mazagran en février 1840. Port punique du nom de Murustaga, la ville fut reconstruite par les Romains qui lui donnèrent, au temps de Gallien (260-268), le nom de Cartenna.

Bien que le site semble avoir été occupé durant le haut Moyen Âge. La région de Mostaganem a été le foyer des tribus Zénètes jusqu'à l'arrivée des Hilaliens et des Almoravides. C’est sous le règne de l’Almoravide Youssef Ibn Tachfin (1061-1106) que l’on attribue, en 1082, la fondation de bordj El Mehal, l’ancienne citadelle de Mostaganem. Après lui, Mostaganem appartient auxZyanides de Tlemcen, puis aux Mérinides de Fès, dont l’un d’eux, Abou El Hassene Ali Ibn Abi Said, fit construire la grande mosquée en 1341. En 1511, les Espagnols imposèrent aux habitants de Mostaganem un traité que ceux-ci refusèrent d’admettre.

Mais dès 1516, Mostaganem tomba aux mains des Turcs. Dès lors, Rivale d’Oran espagnole, elle voit son importance croître. Après plusieurs années de résistance, ils firent appel à Kheïreddine Barberousse avec l’aide duquel ils infligèrent aux Espagnols une sérieuse défaite devant Mazagran (août 1558). Mostaganem passa alors sous la domination des turcs ; elle fut agrandie et fortifiée par Kheïreddine.

À la solde de la France, la garnison de turcs d’Alger et de Kouloughlis résista aux Français à deux reprises (1832 et 1833). C’est une grande place forte maritime que les troupes françaises doivent prendre d’assaut en juillet 1833, car l'armée française avait peur que la ville tombe sous le contrôle de l'émir Abdelkader.

En fait une garnison importante où sont formé en 1847 le premier régiment de tirailleurs algériens, les célèbres turcos, sous les ordres du commandant Bosquet. Puis la ville grandit à mesure que la colonisation peuple l’immédiat arrière-pays et que le développement des communications la met en relation avec les régions de l’intérieur. Tidjditt, la vieille ville arabe subsiste au nord

Source: Mostaganem aujourd'hui

Date de dernière mise à jour : 07/10/2012



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